Les potentiels victimes et victimes de la violence
La violence n’est pas anodine à l’école, ainsi pour l’identifier il a fallu proposer des questionnaires. Les critères ont été les suivants : déceler les auteurs, les élèves qui estiment être victimes, les rapports quotidiens entre élèves.
Par ailleurs, François Bowen et Nadia Desbiens ont dirigée une étude Québécoise dont elle distingue deux types de gravité :
– La violence de « gravité majeure » qui demeure rare et la violence de « gravité majeure » qui est la plus répandue.
Souvent considérés comme des « petites violences » chez certains adultes ou élèves, cela engendre des problèmes scolaires et psychologiques.
Il semble important de prendre en compte que les victimes sont des victimes, mais que les agresseurs sont aussi des victimes de la violence qu’ils répandent.
Les élèves victimes, mais encore ceux qui assistent à ces violences comme spectateurs ne souhaitent pas s’exprimer à ce sujet dans le seul intérêt d’éviter les représailles.
Qu’en est-il des harceleurs ?
Dans le rôle de l’agresseur comme dans celui de la victime il semblerait que cela pousse à la critique. Pourtant, Michel Janosz et al. évoquent que des élèves se considèrent comme des intermédiaires de la violence, par les témoignages de ce que d’autres camarades ont pu voir.
Il semblerait tout de même, qu’en les interrogeant sur une violence qui aurait eu lieu, ils se contentent d’évoquer les faits racontés. La violence en dépit de la forme qu’elle prend, crée une dimension marquante dans la scolarité des élèves. Une étude menée avec des élèves âgés entre 7 et 12 ans nous révèle les chiffres suivants :
– Dans l’enceinte d’un établissement, 4 élèves ou adultes sur 10 disent avoir subi des violences.
– 3 élèves sur 10 assument avoir été violents
– 4 élèves sur 10 considèrent que leur établissement est soumis à beaucoup de violences
Et les autres élèves …
La violence vécue ou subie par un élève du primaire ou secondaire prend forme au moment des actions. Ceux et celles qui observent ces actes sont des spectateurs actifs. La crainte étant de devenir à leur tour une victime potentielle.
Les élèves dit spectateurs actifs, auraient plus tendance à agir pour venir en aide, protéger et défendre la victime. Ils sont conscients des représailles.
Néanmoins, on pourrait aborder cette dimension de volontarisme, qui à la recherche de limites à atteindre pousserait l’élève à nuire ses camarades. Ces éléments évoqués, il serait intéressant de nous appuyer davantage sur la situation que peuvent vivre les enseignants.
Certaines enquêtes sous la direction de Cécile Carra, et ayant inclus certains d’entre eux, il semblerait donc que ces violences soient plus d’ordre verbales venant des élèves. Dans le cas contraire, il s’agirait de conflits rencontrés entre l’enseignant et la famille de l’enfant concerné.
Le métier de l’enseignement pour quelques-uns serait vu comme « déconsidéré ». Cependant, selon Pierre Merle la violence subie par les enseignants représenterait une minorité des violences scolaires. Par école, sur 14 incidents recensés « 2,6 ont pour victime un enseignant » ce qui équivaut à 18% entre 2005 et 2006.